Décryptage de l'épreuve de maths du CRPE 2026 : ce qu'attend vraiment le jury
L'épreuve écrite de mathématiques du CRPE 2026 est tombée. Plutôt que de vous livrer un corrigé de plus, je vous propose de la décrypter comme un professeur : quelles notions sont tombées, comment aborder chaque exercice, et surtout ce que le jury attend précisément pour vous accorder tous les points. Après 30 ans d'enseignement, c'est souvent là que se joue la réussite.
Chaque année, je vois des candidats sortir de l'épreuve de maths persuadés d'avoir « tout bon »… et récolter une note en dessous de leurs attentes. Pourquoi ? Parce qu'au CRPE, trouver le bon résultat ne suffit pas. Le jury évalue autant votre raisonnement, votre rédaction et votre rigueur que la réponse finale. Décryptons l'épreuve 2026 sous cet angle.
La structure de l'épreuve 2026
L'épreuve dure 3 heures et se compose d'environ cinq exercices indépendants. Le principe est constant d'une année sur l'autre : balayer l'ensemble du programme (le cycle 4 du collège, plus la partie « Nombres et calculs » de la classe de seconde). En 2026, les exercices ont couvert, comme d'habitude, tout le spectre : les nombres, la proportionnalité, les probabilités, la géométrie et l'algorithmique.
Bonne nouvelle méthodologique : les exercices étant indépendants, vous les traitez dans l'ordre que vous voulez. Mon conseil de prof : commencez par celui où vous êtes le plus à l'aise, pour engranger des points et de la confiance, avant d'attaquer les plus techniques.
Exercice par exercice
Les affirmations à valider (vrai/faux justifié)
Un grand classique : une série d'affirmations qu'il faut déclarer vraies ou fausses en justifiant. En 2026, on y retrouvait par exemple la nature des nombres (un entier est-il un décimal ? un rationnel ?), des questions de divisibilité, et des raisonnements arithmétiques.
La méthode : pour prouver qu'une affirmation est vraie, il faut une démonstration générale ; pour prouver qu'elle est fausse, un seul contre-exemple suffit. C'est une distinction fondamentale que beaucoup de candidats oublient.
Le problème de proportionnalité en contexte
Un problème ancré dans une situation concrète — en 2026, autour de produits du quotidien (lait, beurre, recettes…). On y manipule des pourcentages, des quatrièmes proportionnelles, parfois une lecture ou une formule de tableur.
C'est souvent ici que se cachent les pièges de pourcentages : une hausse suivie d'une baisse de même taux ne ramène pas au prix de départ (une hausse de 20 % puis une baisse de 20 % sur 50 € donnent 48 €, pas 50 €). Le pourcentage se calcule toujours sur une base qui change.
Les probabilités à deux épreuves
Un exercice de probabilités portant sur une expérience à deux étapes (deux lancers, deux tirages, un parcours à deux choix…). Il faut dénombrer les issues, souvent à l'aide d'un arbre ou d'un tableau, puis calculer une probabilité.
L'erreur récurrente, régulièrement pointée dans les rapports de jury : conclure par « une chance sur trois » au lieu de donner la probabilité sous forme de fraction ou de nombre. Autre piège classique : mal lire l'énoncé (un seul lancer ? deux lancers ?), ce qui fausse tout le dénombrement.
La géométrie qui mobilise les grands théorèmes
L'exercice de géométrie « riche », en général autour d'une situation concrète (un pont, un parcours, une trajectoire). Il combine plusieurs outils : Pythagore pour une longueur dans un triangle rectangle, Thalès pour de la proportionnalité géométrique, parfois une mise en équation et un calcul de vitesse.
C'est l'exercice le plus « technique », mais aussi le plus balisé : chaque théorème s'applique selon une configuration précise qu'il faut savoir reconnaître. La difficulté n'est pas le calcul, c'est d'identifier quel outil utiliser.
L'algorithmique et Scratch
Devenu incontournable, l'exercice d'algorithmique demande de lire un programme (souvent en blocs façon Scratch), de prévoir ce qu'il produit, ou de le compléter — par exemple pour tracer une figure géométrique à l'aide de boucles.
En 2026, on retrouvait le tracé de figures par un lutin qui avance et tourne. Le piège classique : mal gérer les angles de rotation (l'angle dont tourne le lutin n'est pas toujours l'angle de la figure — pour un carré, le lutin tourne de 90°, mais pour d'autres polygones, il faut raisonner sur l'angle extérieur).
Les trois attentes transversales du jury
Au-delà des notions, les rapports de jury répètent chaque année les mêmes exigences, quel que soit l'exercice. Les voici — ce sont elles qui font la différence entre une copie correcte et une bonne copie.
- Justifier systématiquement. Un résultat sans raisonnement vaut peu. Le jury veut voir comment vous pensez, pas seulement ce que vous trouvez.
- Séparer calculs et rédaction. D'un côté les calculs, rigoureux ; de l'autre une phrase-réponse claire en français, avec les unités. Ne mélangez pas les deux.
- Soigner la langue et les notations. Orthographe, grammaire, vocabulaire mathématique précis, distinction entre un segment et sa longueur : un futur professeur ne doit pas induire de fausses conceptions chez ses élèves.
L'épreuve 2026 n'a rien d'un piège : elle balaie le programme de façon prévisible, exercice après exercice. Ce qui se joue, c'est moins « savez-vous faire ? » que « savez-vous rédiger et justifier comme un professeur ? ».
La bonne préparation n'est donc pas de réviser en bloc, mais de travailler chaque notion jusqu'à la maîtriser, en s'entraînant à rédiger proprement. Une compétence à la fois.
Comment se préparer intelligemment
Ce décryptage le montre : l'épreuve est un tour d'horizon complet du programme. Se préparer efficacement, c'est donc identifier ses points faibles domaine par domaine et les travailler un à un, plutôt que de se noyer dans des annales entières sans méthode.
C'est exactement la logique derrière Rituel Maths, l'application que j'ai conçue pour la prépa CRPE : un catalogue qui couvre les mêmes domaines que l'épreuve (nombres, proportionnalité, probabilités, grandeurs, géométrie…), chaque notion travaillée en trois temps (comprendre, s'entraîner, transférer), avec à chaque fois l'analyse de l'erreur type — parce que comprendre pourquoi on se trompe est le meilleur moyen de ne plus se tromper.
Travaillez chaque notion de l'épreuve, une à la fois
Rituel Maths propose un défi quotidien, un catalogue par compétences couvrant tout le programme, et des fiches pour l'écrit comme pour l'oral. Conçu par un professeur de maths, gratuit sur Google Play (Android).
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